Une belle année 2025 pour les cavaliers Handi Équi' Compet
- juliette3249
- 19 déc. 2025
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2025 se referme. Le para-dressage tricolore et l'association Handi Équi' Compet retiendront l’exploit d’Alexia Pittier et Sultan 768, son hongre hanovrien de seulement 10 ans, sacrés champions d’Europe Grade IV, l’été dernier aux Pays-Bas, à Ermelo. Une des plus belles pages de l’histoire du para-dressage français. Installée au haras de Bréval, dans les Yvelines, la cavalière sera l’atout majeur d’une équipe de France à la conquête d’une qualification olympique, l’été prochain dans le temple d’Aix-la-Chapelle, hôte des championnats du monde. Ces derniers jours de l’année sont aussi l’occasion pour Handi Équi' Compet de dresser un bilan sur les derniers mois et se projeter sur les prochains, avec un focus sur les couples de l'association.
ALEXIA PITTIER (CHAMPIONNE D'EUROPE ET CHAMPIONNE DE FRANCE GRADE IV AVEC SULTAN 768)
« L’objectif a été largement atteint avec l’obtention de la médaille d’or aux Championnats d’Europe, même si ce résultat n’était pas forcément envisagé en début d’année. Ce titre vient avant tout valider l’ensemble du travail mis en place autour du cheval et du projet sportif. Dans cette réussite, la force de l’équipe constitue un véritable point d’appui : elle rend le résultat d’autant plus rassurant quant au chemin parcouru. Pour autant, il est essentiel de poursuivre dans cette voie, car de nombreux axes de progression demeurent, notamment en matière de décontraction et de précision. Ce titre permet également de mettre en lumière la discipline, en démontrant que le para-dressage a toute sa place dans le paysage sportif et qu’il mérite une visibilité accrue.
En regardant vers l’avenir, les Championnats du monde 2026 à Aix font naturellement rêver. Le site est mythique et le fait d’évoluer aux côtés de toutes les autres disciplines revêt une importance particulière, notamment en termes d’inclusion. Sur le plan sportif, c’est en poursuivant ce travail collectif que nous pourrons aller chercher la qualification olympique. À titre personnel, je souhaite rester dans cette même continuité afin de permettre à Sultan de continuer à progresser. C’est un cheval sensible, qui a encore besoin d’acquérir de l’expérience. Le titre européen ne représente donc pas une pression supplémentaire : l’objectif reste de bien travailler au quotidien, convaincu que les résultats ne seront que la conséquence naturelle du travail accompli et des progrès réalisés. »
FANNY DELAVAL (DIRECTRICE TECHNIQUE NATIONALE ADJOINTE EN CHARGE DU PARA-DRESSAGE)
« Du côté du positif, nous sommes évidemment très heureux de la médaille d’or d’Alexia aux championnats d’Europe. Honnêtement, nous espérions une médaille mais nous n’avions pas forcément imaginé que ce serait l’or. Collectivement, nous avions fait le choix de ne partir qu’à trois et de ne pas emmener des couples qui restent limités à 67%. Chiara était néanmoins dans l’équipe car son cheval a besoin de prendre de l’expérience. Il faudrait en revanche réussir à renforcer le groupe. Nous avons deux ou trois couples qui arrivent mais nous devrons les amener à un bon niveau. Mais pour amener un couple à haut niveau, il faut du temps. Notamment en dressage. Il faut continuer à construire et à travailler.
2026 sera bien évidemment marquée par les Championnats du monde à Aix-la-Chapelle (10-23 août), qualificatifs pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Il nous faudra une équipe de quatre (les trois meilleurs résultats retenus). Pour ces Mondiaux, le règlement exige d’avoir au minimum un « petit » Grade (1, 2 ou 3) et pas plus de deux couples d’un même Grade. Il faudra être dans les sept meilleurs pour gagner notre place aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Les États-Unis étant qualifiés d’office, ça libère une place. Si nous ne parvenions pas à remplir le contrat, nous pourrions encore nous qualifier aux Championnats d’Europe 2027 en étant la meilleure nation non encore qualifiée.
Avant Aix, l’année débutera par une Masterclass en février. Nous aurons ensuite le CPEDI de Pompadour (26-29 mars), un test event à Aix-la-Chapelle mais avec peu de places (8-11 avril), le Printemps des Sports équestres à Fontainebleau (15-19 avril), et un CPEDI à Hagen (ALL, 1er-5 juillet). »
VLADIMIR VINCHON - GRADE IV
« L’année post-olympique a été une année creuse. Elle n’a pas été celle que j’attendais, notamment côté résultat car ce ne reflète pas notre niveau. J’ai peut-être pris des décisions trop rapides dans mon organisation. Pegase Mayenne n’a pas réellement évolué voire même régressé. Ça m’a servi de leçon, ça m’a fait réfléchir et grandir. J’ai aussi eu la chance d’avoir des échanges avec un juge international lors d’un concours en Allemagne qui m’a fait ouvrir les yeux.
C’était à mi-saison, et il était trop tard pour changer les choses. J’ai dû composer. Mais c’est le sport. Il faut passer à autre chose et regarder devant. J’ai repris un entraîneur, Etienne Maire, qui est également juge. Cela me donne un double regard. Et je continue à travailler de façon hebdomadaire avec Jean Vesin. Le cheval est revenu à son niveau aux Championnats de France. Nous serons prêts pour cette saison 2026 très importante pour l’équipe de France avec cette qualification olympique à aller chercher. D’ici-là, je vais participer bien sûr aux masterclass de début d’année puis il y aura Aix-la-Chapelle ou Fontainebleau en avril. »
HORTENSE JOSSERAND (GRADE V)
« C’était ma première année avec des sorties en international de para-dressage. J’en retiens beaucoup de plaisir à cheval. J’ai aussi eu la confirmation qu’il faut savoir prendre son temps. Michel Robert m’a dit un jour qu’il fallait « prendre son temps pour aller vite ». Je suis entièrement d’accord. Cela fait quatre ans que j’ai commencé à monter Enjoy Life avec la perspective d’atteindre ce niveau international. Nous avons pris le temps de construire notre couple, de gagner en maturité. C’était indispensable.
Enjoy Life est un cheval très sensible, il ne fallait pas le bousculer et il a beaucoup progressé dans son mental et dans son fonctionnement.
Ça ouvre l’appétit… J’espère que cela va continuer en 2026. Évidemment, il y a les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. C’est un lieu qui a toujours été un rêve. Je me souviens de la finale tournante des Mondiaux 2006 avec Cumano, Shutterfly, Pialotta et Authentic comme si c’était hier. Monter à Aix est le rêve de tout cavalier, alors forcément, c’est dans un petit coin de ma tête. J’ai conscience que ce sera compliqué mais on ne sait jamais... »
ERIC ESTRIER (PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION HANDI' ÉQUI COMPET)
« Le bilan de cette année est globalement positif avec du côté sportif le titre européen d’Alexia, mais aussi l’arrivée de nouveaux couples.
Au niveau de l’association où nous comptons selon les années entre 12 et 15 cavaliers, après l’arrêt de l’organisation du CPEDI à Deauville, nous nous sommes recentrés sur notre mission originelle à savoir aider les cavaliers en leur accordant quelques bourses. Mais il est évident que les moyens sont moins importants que par le passé. L’arrêt du para-CSO il y a quelques années a été difficile car la discipline nous servait de locomotive. Heureusement, nous avons encore des partenaires comme AN AVEL BRAZ qui sont fidèles. Il nous faudrait quelques partenaires supplémentaires. Le titre européen d’Alexia peut aider à apporter un peu de lumière sur la discipline. Avec nos budgets réduits, nous aidons les membres de l’équipe de France mais nous essayons aussi de financer les nouveaux venus pour faciliter leur progression. L’aventure d’Handi Equi Compet a débuté en 2008. Cela fait déjà une belle aventure depuis 17 ans… À l'approche de cette fin d'année, nous vous souhaitons de très belles fêtes de fin d'année et avons hâte de vous retrouver en 2026 ! »




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