Dressage et para-dressage cote à cote
- 29 avr.
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Le Printemps des sports équestres, organisé mi-avril au Grand Parquet de Fontainebleau, a réuni para-dresseurs et meilleurs dresseurs mondiaux sur un même événement, offrant à tous une expérience particulièrement enrichissante.
Sur la carrière du Puits du Cormier, au fond du Grand Parquet de Fontainebleau, les cavaliers du CPEDI 3*, 2* et 1* déroulent leur reprise. Après Pompadour il y a quelques semaines, c’est une nouvelle occasion pour le staff fédéral d’effectuer une large revue d’effectif avec douze couples présents. À quelques mètres de là, sur la carrière des Petits Princes, la légende allemande Isabell Werth et son palmarès XXL, le Belge Justin Verboomen, champion d’Europe avec son extraterrestre Zonik Plus, la championne du monde britannique Charlotte Fry et son crack Glamourdale mais aussi les meilleurs Tricolores emmenés par Pauline Basquin et Sertorius de Rima Z IFCE, seizièmes des derniers Jeux olympiques. Dans les boxes, la proximité est encore plus forte. Pégase Mayenne, le cheval de Vladimir Vinchon est installé à seulement trois boxes de Zonik Plus. « C’est gratifiant de pouvoir être sur le même site avec toutes ces têtes d’affiche, constate le Mayennais. Cela nous permet d’apprendre. On va sur le bord de piste et on regarde leur travail de détente, les reprises. C’est très enrichissant. Il y beaucoup de choses à apprendre. On voit aussi que tous ne fonctionnent pas de la même façon. Certains chevaux sont montés en pression deux minutes avant et d’autres 30 minutes. On les voit aussi dans les boxes. On ne peut que s’en inspirer. Je suis par exemple allé voir Justin Verboomen travailler. Quand on voit cette facilité déconcertante du travail du cheval sur du stretching, tu te dis waouh ! Cela permet d’échanger avec eux… tant qu’ils parlent français. Cette proximité, nous permet aussi de nous sentir inclus. Merci GL Events pour cette inclusion. Cette proximité nous permet aussi de nous sentir pleinement intégrés alors, merci GL Events d’aller dans ce sens depuis quelques années. »
Même satisfaction pour Hortense Josserand, venue participer au CPEDI 2* avec deux succès en deux épreuves. « J’ai la chance d’avoir mon cheval à côté de ceux d’Isabell Werth, se réjouit-elle. Elle était venue chez Lena Thouvenin au Haras de Bréval (Yvelines), où je suis installée, pour le stage de préparation des Jeux. Alors ici à Fontainebleau, on s’est dit bonjour. J’ai également échangé quelques mots avec Justin Verboomen. Je regarde aussi beaucoup la Belge Larissa Pauluis. Elle me suit, m’encourage, cette dynamique est géniale. Le fait d’aller voir le travail du matin, regarder comment ces champions s’organisent, c’est très inspirant. Ce sont des références dont le travail peut nous aider à nous améliorer. Il faut aussi remercier l’organisation qui n’a pas mis les horaires du para aux aurores. Cela permet d’avoir davantage de spectateurs et de rendre notre discipline plus accessible. »
Pauline Basquin : « C’est toujours très intéressant »
Parmi les spectateurs, Pauline Basquin est particulièrement attentive. La leader de l’équipe de France depuis plusieurs années, n’a pas voulu manquer la prestation de Chiara Zenati et Zeus de Malleret IFCE, en Grade II, installés dans les écuries de l’IFCE à Saumur. « Cela m’a rappelé les Championnats de Riesenbeck, commente la cavalière du Cadre Noir. J’avais senti la même émulation. Les para-dresseurs venaient nous voir, nous allions les voir, c’était hyper sympa. À l’IFCE, nous avons Chiara (Zenati) qui travaille avec nous. On se côtoie tous les jours et on échange beaucoup. Je suis d’ailleurs allée la voir pour sa reprise ici à Fontainebleau. C’est toujours très intéressant. Lors d’une formation de DE dressage, un stagiaire était handicapé. Nos problématiques sont parfois différentes en fonction du handicap et cela oblige à voir les choses d’une autre façon. L’asymétrie nécessite parfois que nous devions remonter les chevaux après pour les maintenir dans la rectitude. Cela fait aussi partie de la mission de l’IFCE d’accompagner le para-dressage. Nous le faisons régulièrement comme par le passé avec Céline Gerny par exemple ou José Letartre qui a aussi monté des chevaux de l’IFCE. »
Sur le bord de la piste, Etienne Maire, réputé juge national et entraîneur, découvre cet univers. Depuis quelques mois, il est en effet aux côtés de Vladimir. « Je ne connaissais le para-dressage que de loin pour l’avoir jugé de temps en temps, confie-t-il. Mon premier rôle est technique. Je dois faire abstraction du handicap mais en même temps en tenir compte. C’est toute la subtilité et la difficulté. Rendre un cheval symétrique avec un cavalier qui ne l’est pas toujours, comme c’est le cas de Vladimir, qui est amputé d’une jambe, est un beau challenge. C’est intéressant car cela demande une vraie réflexion. » Pourtant sur le circuit depuis de nombreuses années, il avoue aussi avoir été impressionné. « Vladimir est d’une résilience extraordinaire. Ici, à Fontainebleau, il a une entorse du genou, une autre de la cheville mais il monte sans se plaindre. Il retrouve même ses bonnes moyennes. » Lui aussi est convaincu de la pertinence de mêler le dressage et le para-dressage. « Des gens en situation de handicap ne savent pas toujours que c’est possible de se réaliser dans ce sport. Un événement comme celui-ci est une très belle opportunité de communiquer. »
Anne Prain, juge internationale : « Le para-dressage, c’est du dressage »
« Le para-dressage, c’est du dressage, insiste Anne Prain, juge internationale, sur les réseaux sociaux de l’événement. C’est fantastique que les organisateurs les associent. Les cavaliers de dressage se rendent compte que des personnes avec des handicaps peuvent réaliser des figures difficiles. Il y a eu une grosse évolution de la qualité des chevaux. Pour bien figurer en para-dressage, il est désormais indispensable d’avoir des chevaux avec des bonnes allures, souples, des chevaux qui rebondissent et des galops qui sautent bien. »
Les Bleus auront l’occasion de mettre en application tous les enseignements bellifontains et de s’inspirer des grands champions, lors des Championnats du monde, à Aix-la-Chapelle, du 19 au 23 août. Avec l’objectif d’entrer dans les sept meilleures nations, position qui leur offrirait un billet pour les Jeux paralympiques de Los Angeles.




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